Améliorer les conditions de vie des travailleuses domestiques de l'État de Bahía à travers la formation aux droits humains
Le Brésil figure parmi les pays les plus inégalitaires au monde, avec des niveaux alarmants de violence. Cette réalité pèse avec une acuité particulière sur les femmes afrodescendantes, victimes d’une double discrimination. Elles gagnent près de la moitié du salaire des hommes blancs et sont surreprésentées dans les emplois précaires. La violence à leur encontre est massive : près de 38% des femmes brésiliennes subissent chaque année au moins une forme de violence et selon les données disponibles, les femmes afrodescendantes sont les principales victimes de féminicide, de violence domestique et de violence sexuelle au Brésil. Le travail domestique, qui emploie 6 à 8 millions de personnes (à 90% des femmes, dont 65% sont afrodescendantes), cristallise ces inégalités. Il reste marqué par une forte précarité, des droits bafoués et des conditions de travail parfois analogues à l’esclavage.
Focus sur Bahia : L’héritage d’un système qui perdure
Avec 80% de population afrodescendante, Bahia est l’État le plus noir du Brésil et l’un des plus pauvres. Sa capitale, Salvador, présente les pires indicateurs de pauvreté, de chômage et de malnutrition du pays. On y compte 500 000 travailleuses domestiques, dont seulement 2 500 sont syndiquées, malgré une histoire de luttes ayant obtenu des droits formels (salaire minimum, congés payés, etc.). Dans les faits, 76% d’entre elles ne sont pas déclarées, ce qui entrave la jouissance de leurs droits au travail. Violence sexistes et sexuelles, harcèlement et atteintes à la santé mentale et physiques liée au travail y sont monnaie courante.
Le Sindoméstico, un syndicat en première ligne
Face à cette urgence sociale, le Syndicat des travailleuses domestiques de Bahia (Sindoméstico), fondé en 1990, est un acteur essentiel. Il accompagne au quotidien des travailleuses et des travailleurs dont le parcours a été marqué par la pauvreté, la violence et l’exploitation, où les sphères personnelle et professionnelle forment un continuum d’abus. Son action est cruciale pour briser l’isolement et la dépendance des travailleuses.
L’objectif du projet : Former pour identifier, dénoncer et se défendre
Ce projet vise à renforcer la capacité des travailleuses domestiques à se protéger et à défendre leurs droits. L’objectif principal est de former 75 à 120 travailleuses domestiques à identifier les différentes formes de violence, de travail analogue à l’esclavage, de travail des enfants et les risques professionnels, en leur fournissant des outils concrets pour y faire face et les dénoncer.
Pour atteindre cet objectif, le projet agit sur deux leviers :
Formation directe d’un groupe de multiplicatrices, majoritairement des femmes, pour qu’elles deviennent des relais d’information et de défense auprès de leurs collègues et de leurs communauté.
Appui conseil stratégique d’E-CHANGER pour consolider le réseau et les alliances du Sindoméstico, amplifiant ainsi l’impact de son action.
Population concernée par le projet :
75 à 120 travailleuses domestiques formées,
L’ensemble de la catégorie professionnelle à Bahia et leurs employeurs, via une meilleure information et un plaidoyer renforcé.
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