Les femmes et l’accès à la terre, un vrai défi au Burkina Faso

Les femmes et l’accès à la terre, un vrai défi au Burkina Faso

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Les femmes et l’accès à la terre, un vrai défi au Burkina Faso

Les femmes et l’accès à la terre, un vrai défi au Burkina Faso

Les femmes et l’accès à la terre, un vrai défi au Burkina Faso

L’accès à la terre est un droit économique incluant l’accès et le contrôle de la terre, mais également la possession de titres fonciers dans certains cas. Les femmes ont tendance à être plus pénalisées que les hommes dans l’accès à la terre à cause de pratiques discriminatoires. Au Burkina Faso, malgré les textes de loi visant à donner les mêmes droits fonciers aux hommes et aux femmes, c’est principalement le droit coutumier et traditionnel qui dicte les possibilités d’accès des membres de la communauté à la terre et aux ressources.

Au Burkina, plus de la moitié de la population active qui s’adonne à l’agriculture sont des femmes. Principales chevilles ouvrières de l’exploitation agricole dans le pays, elles sont à l’origine de 80 % de la production alimentaire.  Selon le Ministère de la promotion de la femme, elles totaliseraient 75% de la main d’œuvre agricole du pays. L’agriculture étant la principale activité en milieu rural, l’accès à la terre et aux intrants devient crucial pour elles.

Les textes juridiques nationaux et internationaux – ratifiés par le Burkina Faso – consacrent l’accès équitable des femmes burkinabè à la terre. Dans le domaine foncier, l’article 64 de la loi n° 14/96/ADP, datant du 23 mai 1996 et portant Réforme agraire et foncière (RAF), stipule que « les terres urbaines et rurales du domaine foncier national sont attribuées aux personnes physiques, sans distinction de sexe ou de statut matrimonial et aux personnes morales dans les conditions fixées par les textes ». Cependant, l’idée de la femme propriétaire de la terre est difficilement concevable dans la plupart des sociétés burkinabè. Beaucoup de femmes continuent de subir toutes sortes de discriminations qui les éloignent de cette ressource, indispensable à leur autonomisation et au développement socio-économique de leurs pays.

Les mémoires du foncier : entre droit coutumier et moderne

Les discriminations subies par les femmes dans la majorité des communautés sont intrinsèquement liées aux coutumes et aux traditions du pays. Les traditions confèrent à la terre un caractère sacré, qui se transmet de père en fils, représentant la mémoire du lignage du village d’origine. En se mariant, les femmes sont instinctivement rattachées à un autre lignage, les excluant ainsi de sa gestion. Ainsi, la société traditionnelle permet aux femmes d’exploiter la terre sans en être propriétaires à part entière. Elles cultivent, le plus souvent, des lopins de terre empruntés aux hommes, avec le risque de se faire dépourvoir à tout moment.

Les femmes constituant la majorité des productrices/eurs, l’accès équitable à aux ressources semble être une condition sine qua non au développement durable. Dans cette optique, on constate des changements consentis par les autorités politiques ainsi que la société civile ; des plaidoyers sont menés auprès des responsables coutumiers et des propriétaires terriens. La politique de sécurisation foncière en milieu rural adoptée par le gouvernement en octobre 2007 vise, entre autres, à assurer à l’ensemble des acteurs ruraux, l’accès équitable à la terre. D’autre part, pour une promotion accrue du statut des femmes, le gouvernement a instauré un quota genre dans différents domaines professionnels. Malgré les difficultés à appliquer ces mesures sur le terrain, elles contribuent à mieux faire comprendre la situation des femmes et à mener des actions afin d’améliorer leur accès à la terre.

Dans la province du Yatenga, Madame Ouedraogo Fati fait partie d’un groupement de femmes qui a emprunté à un propriétaire une parcelle de terrain. À l’origine, la terre était aride et impropre à la culture, mais grâce à un travail de longue haleine, en pratiquant les techniques de zaï, demi-lune et l’utilisation de compost, elles ont réussi à en retirer un revenu suffisant pour scolariser leurs enfants. Dix ans plus tard, le propriétaire est revenu réclamer la terre empruntée.

                                                                                                                                                          Bibata Dao

Dans ses activités de tous les jours et en corrélation avec sa politique genre, ARFA tente de réduire les discriminations envers les femmes. Malgré les efforts fournis, l’accès des femmes à la terre reste un problème pour le développement de la société humaine et donc pour le développement de nos Etats. Il est impératif que le genre soit intégré dans tous les secteurs de la vie humaine. Cependant, la situation sociale, économique et décisionnelle reste encore marquée par des inégalités au détriment des femmes. Des mesures idoines peuvent être prises par les décideurs afin de résorber les inégalités qui existent entre les hommes et les femmes dans les sphères sociales et décisionnelles du Burkina Faso.

                                                                                                                                                          Bibata Dao

 

Revue Coopér-action n°6 - Avril 2019 | Bibata DaoCoopér-actrice E-CHANGER au sein de l'organisation ARFA au Burkina Faso, Egzona Cahani – Responsable communication chez E-CHANGER

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