Le rapport 2025 de l'ONG britannique Oxfam, publié lundi lors de l'ouverture du Forum économique de Davos en Suisse, porte un titre curieux pour le lieu choisi pour son lancement : « Résister à la domination des riches : défendre la liberté contre le pouvoir des milliardaires ». Une provocation à la porte de la réunion annuelle du capitalisme mondial qui se tient toujours au même endroit, au pied des Alpes qui donnent leur nom à l'événement. Davos. Mais il n'y a rien de nouveau dans cette information, si ce n'est le fait que le nombre de milliardaires dans le monde a augmenté, tout comme celui des pauvres souffrant de la faim.
Sur quatre personnes pauvres dans le monde, une dort le ventre vide, parce qu'elle n'a rien à manger. C'est ce qu'indique le rapport d'Oxfam et, face à deux scénarios de misère et de famine, il ne peut y avoir ni paix, ni justice. Sans justice sociale, il n'y a pas de paix.
Sans le droit humain à l'alimentation, les enfants et les personnes âgées sont ceux qui souffrent le plus, ceux qui sont les plus pénalisés par une telle réalité. L'ironie est que le rapport souligne également la croissance scandaleuse des super-milliardaires, de sorte que la concentration des richesses est de plus en plus importante et que l'appauvrissement des populations s'amplifie dans le monde.
Au Brésil, la file d'attente pour acheter des jets privés est énorme, tandis que les files d'attente du SUAS (Système unique d'assistance sociale) et du SUS (Système unique de santé) sont bondées et ne peuvent plus accueillir personne.
Un autre aspect abordé dans le rapport concerne le domaine de la démocratie. Richesse incontrôlée, démocratie en péril, en particulier en Amérique latine et dans les Caraïbes.
Depuis 2020, la richesse des super-riches a augmenté de 81 %, tandis que la moitié de la population mondiale vit dans la pauvreté. Ces données chiffrées, factuelles, nous font prendre conscience du fossé entre les droits humains et la réalité dans laquelle vivent ces populations, loin des biens de première nécessité pour leur survie.
Une telle réalité a des répercussions extrêmement violentes sur les personnes âgées, les enfants et les adolescent-e-s en général. Selon l'UNICEF, le Fonds des Nations unies pour l'enfance, un enfant sur cinq dans le monde souffre d'extrême pauvreté et la tendance est à l'aggravation.
Il est urgent de s'attaquer à la justice fiscale, on ne peut accepter une situation d'une telle disparité, d'un tel fossé entre les populations, où une minorité accapare la majeure partie des richesses de la planète tandis que la moitié de la population vit dans la pauvreté et l'extrême misère.
Dans un contexte tel que celui que nous évoquons ci-dessus, il n'y a pas de droits humains et il n'existe pas non plus de politiques publiques capables de changer cette réalité pour le mieux. Il ne peut y avoir que des remèdes palliatifs d'intervention dans ce scénario.
Ainsi, tout indique que les milliardaire réunis à Davos ne sont pas intéressés par l'impact d'une enquête de cette nature et que celle-ci n’influenceras pas les débats et les réflexions produits lors de la réunion du capitalisme mondial, loin de la justice fiscale et sociale, où l'on ne parle pas de taxer les plus riches de la planète Terre.
Il faut internationaliser la solidarité et assumer radicalement, dans une société socialiste, que les biens produits par la planète Terre appartiennent à tous et non à quelques-uns.
Djalma Costa, coordinateur d’E-CHANGER au Brésil, éducateur, défenseur des droits humains et poète. Internationalisons la lutte ; Internationalisons la solidarité.


