Inondations au Brésil : « Il est impossible de séparer la tragédie environnementale de la question agraire ».

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Inondations au Brésil : « Il est impossible de séparer la tragédie environnementale de la question agraire ».

Les inondations dans le Rio Grande do Sul ont causé des centaines de morts, des personnes disparues et des pertes se chiffrant en millions. Sa situation géographique, l’avancée de l’agro-industrie et les méga-barrages rendent cet État plus vulnérable au changement climatique. Les politiques publiques qui privilégient la rentabilité des monocultures provoquent la déforestation, la perte de biodiversité et la réduction de l’absorption des sols.

Plus de 140 personnes sont mortes, des centaines d’autres sont portées disparues, des municipalités ont été évacuées et 80 % du Rio Grande do Sul est sous les eaux. Les inondations dans le sud du Brésil sont considérées comme les plus importantes de l’histoire du pays. La région, dominée par la monoculture du soja, a déjà subi trois inondations et un cyclone l’année dernière, après trois années de sécheresse. Quelles sont les causes de cette catastrophe? Leonardo Melgarejo, activiste et agronome, répond depuis Porto Alegre : « Il y a une priorité du point de vue économique par rapport aux politiques environnementales ».

Le Rio Grande do Sul est composé de 497 municipalités, dont 388 subissent les conséquences de la tempête qui a débuté le 29 avril. En raison des pluies qui ont fait déborder le fleuve Guaíba, plus de deux millions de personnes sont directement touchées par les inondations ou par le manque d’énergie, d’abri ou d’eau.

Le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST) souligne le fait qu' « il est impossible de séparer la tragédie environnementale de la question agraire brésilienne ». Il affirme qu’il n’est pas possible de lutter pour la défense de la nature « sans parler de la réforme agraire, de l’abrogation du cadre temporaire (législation sur le droit à la terre des peuples indigènes), de la reconnaissance et de la régularisation des terres des peuples et communautés traditionnels ».

Le MST a lancé son plan national en 2020 visant à planter 100 millions d’arbres à l’horizon 2030. Cette initiative sans précédent vise la reforestation des zones dégradées et la production agroécologique. Ce plan présente une action concrète à la crise climatique. Jusqu’ici 25 millions d’arbres ont été plantés, 300 pépinières ont été mises sur pied et 15 mille hectares de terre ont été récupérés.   

Les inondations du Rio Grande do Sol ont englouti 7 campements du MST : terre, récoltes, production, machines et infrastructure. En tout, 10’000 tonnes de riz agroécologique seraient perdues, ce qui représente 50% de la production de riz de l’État du Rio Grande do Sul. 

Déforestation, réchauffement climatique et sols non absorbants

L’État du Rio Grande do Sul est l’un des plus grands producteurs de céréales du pays, il représente notamment 70% de la production nationale de riz. La région possède également le plus grand réseau hydrographique du Brésil.

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) estime que l’augmentation du nombre de barrages en Amazonie « menace le flux naturel de ses rivières et altère les cycles naturels ». Leonardo Melgarejo, dans une interview réalisée par le Brazilian Women’s Group, a ajouté : « Lorsque nous voyons des images d’anciennes régions de la planète, avec des rivières sinueuses et pleines de courbes, cela indique que la sagesse de la nature a établi des mécanismes qui réduisent la vitesse de circulation de l’eau. Les barrages ont rendu le service inverse, en générant une instabilité dans ces mécanismes. La force de la vitesse de l’eau est aggravée par le fait que les sols sont imperméables parce que les barrières biologiques ont été perturbées ».

Le Rio Grande do Sul se trouve au point de confluence des fronts froids arrivant du sud de la planète et des fronts chauds descendant du nord. Les « rivières volantes » de l’Amazone transportent l’humidité et l’eau accumulée dans l’atmosphère à travers l’air de cette région. Mais ce processus est également affecté par la hausse des températures mondiales et la déforestation.

Entre 2020 et 2021, l’Amazonie brésilienne a perdu 8’712 kilomètres carrés de forêt. « Le volume d’eau transporté par les rivières volantes est plus important en raison de la réduction de la capacité de rétention des rivières », poursuit Leonardo Melgarejo.

Outre l’accumulation d’eau, le sol a perdu sa capacité d’absorption. « La nature détermine une multiplicité d’organismes qui se chevauchent et forment un réseau de vie protecteur. Lorsque nous remplaçons ce réseau par des cultures, qui produisent de la rentabilité, lorsque nous remplaçons la biodiversité par des champs de soja, nous provoquons un processus de dégradation de l’environnement qui génère à son tour un processus invisible qui affecte la capacité d’absorption du sol », explique-t-il.

Source : TierraViva, Agencia de Noticias / Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL)

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