En novembre 2022, E-CHANGER organisait une délégation au Brésil. En compagnie de Suisses, de Burkinabés et de Brésiliens, nous avons passé 2 semaines à visiter les projets de notre programme. Durant le voyage, nous avons mandaté Andréia Manfrin Alves, interprète brésilienne, pour faciliter les échanges et nous permettre de communiquer ensemble malgré les barrières linguistiques. Deux ans plus tard, après cette première découverte du « pays des hommes intègres » grâce aux deux participants burkinabé, Andréia s’est rendue à Ouagadougou pour le Fespaco. Ci-dessous son récit de voyage.
« Mon séjour de dix jours à Ouagadougou est au cœur d'un projet qui a commencé en Octobre 2022.
En effet, j'ai travaillé comme interprète pour la délégation d'E-CHANGER venue au Brésil observer quelques projets sociaux de son programme dans le pays. .
Au cours de cette mission, les deux amis Burkinabè -Noël et Ousmane - ont rencontré le public, et j'ai été frappée par la méconnaissance des Brésiliens pour leur pays, malgré la proximité historique évidente entre le Brésil et beaucoup de pays africains.
Je me suis dit qu'il fallait essayer de corriger cette anomalie.
À cette époque j'avais à peine commencé mon doctorat, et j'ai donc proposé la traduction littéraire de contes d'une écrivaine Burkinabè ( Mariam Ouedraogo), cela m'a permis de mieux découvrir ce pays.
Deux ans et demi plus tard, lors du Fespaco, le plus important festival de cinéma d'Afrique, j'ai profité de ce moment pour découvrir la capitale Ouagadougou, et plus généralement ce "pays des hommes intègres".
J'ai découvert un pays riche pour sa politique, ses ethnies, et sa vie culturelle, une capitale où les différentes religions coexistent en harmonie, (j'ai moi-même logé dans un centre catholique où j'ai croisé tous les matins en sortant, des musulmans qui priaient dans la rue).
Si je fais cette remarque, c'est parce qu'au Brésil, quand nous entendons parler de pays à majorité musulmane, ce qui en ressort essentiellement, c'est l'aspect radical, sectaire, et conflictuel avec les autres religions, alors que ce n'est pas du tout ce que j'ai pu constater sur place.
D'autre part, j'ai rencontré un peuple très adapté à son environnement, à son climat et à la période de sécheresse qu'il traverse, des citoyens résilients, notamment par rapport aux problèmes sociaux (et ce n'est pas une caractéristique négative).
Un peuple qui aime les couleurs, un peuple qui aime sourire et qui ne se plaint jamais, malgré les problèmes flagrants que l'on peut rencontrer dans un pays du Sud, comme c'est aussi le cas du Brésil.
Le Fespaco est un évènement important qui influence beaucoup l'ambiance de la ville. D'après ce que j'ai pu entendre lors de cette édition, le festival n'a pas reçu le public étranger auquel il pouvait s'attendre, et ceci en raison de l'image du pays diffusée à l'international.
J'ai pu assister à au moins dix courts métrages et à un documentaire originaires de multiples pays africains, comme le Burkina Faso, l'Égypte, le Sénégal, la Tunisie, l'Algérie, le Kenya, l'Éthiopie, la R.D.C, le Cameroun, et même Haïti... ces films traitaient de thématiques très diverses, et ceci avec une grande qualité.
Ce genre cinématographique est rarement diffusé au Brésil, avoir pu profiter de ces films dans le cadre de ce festival si important, et ceci dans un cinéma aussi confortable et joyeux que le Ciné Neeswaya a été pour moi une grande joie.
Ce voyage m'a surtout permis de faire de belles rencontres, en plus des amis que j'ai pu retrouver, j'ai pu échanger avec des personnes qui m'ont parlé de leur pays, qui m'ont fait découvrir les aspects culturels et sociaux du Burkina, et qui m'ont expliqué le lien de leur pays avec la langue française, ce qui contribue grandement à ma recherche de doctorat, qui a de ce fait gagné de nouvelles couleurs. »


