En effet, les questions d’accès aux soins, à une alimentation saine ou encore à un revenu suffisant sont encore plus déterminantes lors d’une crise comme celle-ci. Ainsi, l’engagement d’E-CHANGER pour un monde plus solidaire par le soutien des mouvements sociaux luttant pour améliorer les conditions de vie des plus défavorisés, le respect des droits humains fondamentaux et de l'environnement est absolument essentiel.
A l’heure actuelle, nos organisations partenaires, les coopér-acteurs/trices ainsi que nos collègues assurant la coordination dans les pays font au mieux pour continuer leur mission tout en respectant les normes de sécurité. Cela se traduit notamment par un ralentissement ou une réorientation des activités selon les mesures sanitaires prises par les pays. Toutes et tous font preuve d’une grande créativité et tentent de maintenir leurs activités au profit des populations fragilisées et encore plus exposées face à cette crise.
Au Burkina Faso, on comptait le 7 avril, selon l’OMS, 364 cas de personnes infectées dont 246 cas actifs et 18 décès. Le pays n’a pas décrété de confinement per se mais a tout de même mis en place l’arrêt des transports interurbains, la fermeture de certains grands marchés et des écoles et universités, un couvre-feu de 19h jusqu’à 5h du matin ainsi que l’interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes. Le gouvernement a également mis en place un système de centralisation des cas dans un seul établissement hospitalier. Selon Jeune Afrique, des aides aux entreprises que ce soit dans le secteur informel ou formel ont également été annoncées par la présidence.
Le Burkina, avec un système sanitaire fragile, un contexte sécuritaire vacillant, où la sécurité alimentaire est une préoccupation quotidienne pour une grande majorité de la population, risque d’être d’avantage fragilisé par une crise de cette ampleur, impactant de facto les plus vulnérables. Parmi les groupes de population les plus fragilisés se trouvent notamment les centaines de milliers de déplacés internes, composés en majorité de femmes et d’enfants, ainsi que les millions de personnes vivant du commerce informel et qui ont besoin de sortir de chez eux pour survivre.
En Bolivie, le gouvernement, confronté à 194 cas dont 178 actifs au 7 avril 2020, a lui pris des mesures drastiques : quarantaine et confinement pour toutes et tous avec interdiction de sortir de chez soi sauf, et de manière très encadrée, pour acheter des biens de première nécessité. Les frontières ont également été fermées.
Pour notre organisation partenaire, Manq’a qui forme des jeunes aux métiers de la gastronomie pour renforcer leur intégration sur le marché du travail, cette pandémie est un coup dur. En effet, pour l’instant peu de mesures ont été annoncées pour les personnes qui ne peuvent pas se permettre de ne pas aller travailler, rendant les conditions matérielles d’existence encore plus précaires pour les plus vulnérables.
Actuellement, le Brésil compte plus de 10’000 cas de COVID-19 et déjà plus de 450 décès. Selon notre coordinateur pays Djalma Costa, “l’urgence aujourd’hui est d’agir pour éviter que les gens meurent de ce virus”. La quasi-totalité des Etats du Brésil, en désaccord avec le président Jair Bolsonaro, a mis en place des mesures de quarantaine et d’isolation sociale en fermant notamment les secteurs non-essentiels de l’économie.
Notre coordinateur est inquiet des conséquences de cette pandémie sur la société, qui de surcroît est extrêmement inégalitaire. En effet, il est encore difficile d’évaluer les problèmes d’accès aux infrastructures, à l’eau potable ou encore au système de santé des populations les plus vulnérables. Nos organisations partenaires alertent également des risques pour les travailleuses et les travailleurs des secteurs informels de l’économie, notamment les “faux indépendants” type livreurs de plateforme et les travailleuses de l’économie domestique dont les employeurs profitent d’une vulnérabilité encore accrue durant cette crise.


