Brésil : Un front social pour la démocratie

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Brésil : Un front social pour la démocratie

Samedi 7 avril, Luiz Inácio Lula da Silva s’est rendu à la Police fédérale, qui l’a transféré vers une prison de Curitiba (Sud du pays). La lutte pour sa libération unit mouvements populaires, gauche et syndicats contre un gouvernement et ultralibéral.

Un front social pour la démocratie

Les jours précédant son incarcération, des milliers de militants et sympathisants avaient organisé une gigantesque « vigile » en défense de l’ex président brésilien, retranché dans les locaux du syndicat des métallurgistes à São Bernardo dos Campos, dans la banlieue de São Paulo – un lieu hautement symbolique, épicentre des gigantesques grèves qui ont accéléré la mise à bas de la dictature militaire (1964-1984).

prisonnier politique. Lula a été emprisonné avant d’avoir épuisé toutes ses voies de recours et en l’absence de preuves matérielles. Comme le souligne Mark Weisbrot, co-directeur du Centre pour la recherche économique et politique à Washington les éléments à sa charge « sont bien en deçà des normes qui seraient prises au sérieux, par exemple, dans le système judiciaire américain» -alors que les charges de corruption contre l’actuel président Michel Temer et nombre de ses acolytes, toujours en liberté, sont autrement plus étayées.

« Lula n’a pas été condamné pour corruption. Il est un prisonnier politique », en conclut le politologue André Singer. Motif: la droite veut à tout prix empêcher l’ancien ouvrier et syndicaliste de se présenter à la présidentielle d’octobre.

Le climax d’un affrontement. Cette analyse est partagée par les principaux syndicats et mouvements populaires au Brésil. Pour le leader du Mouvement des Sans Terre (MST), João Pedro Stédile, la situation est claire: « Le Brésil vit une grave crise économique, qui s’est transformée en crise sociale et politique avec le coup d’Etat parlementaire de 2016, lorsque la bourgeoisie a renversé la présidente Dilma Rousseff. » Objectif: « jeter le poids de la crise sur la classe travailleuse. »

Les effets de la politique menée depuis par le président ad intérim, Michel Temer, ont été extrêmement douloureux: explosion du chômage et des inégalités, gel de la construction des logements populaires, coups de canif dans l’assistance sociale, démantèlement des programmes d’aide aux petits agriculteurs et de toute politique favorable à la réforme agraire. En mai 2017, Guilherme Boulos, leader du Mouvement des travailleurs sans toit (MTST) et pré-candidat à la présidentielle pour le Parti socialisme et liberté (PSOL), tirait le bilan suivant: « En une année, ils ont réussi à imposer un niveau inédit de régression sociale et démocratique. S’ils restent une année de plus, cette équipe va détruire le Brésil »

La répression des résistances sociales a pris encore plus d’ampleur. En témoigne le récent assassinat de la conseillère municipale du PSOL à Rio de Janeiro, Marielle Franco. Mais aussi les 70 militants pour la terre abattus en 2017 – le nombre le plus élevé depuis 2003.

Une épine dans le pied droit. La classe dominante brésilienne veut continuer cette thérapie de choc. Mais elle a un problème: elle n’a pas de candidat qui puisse régater avec M. Lula. Ce dernier caracole en tête des sondages – même en prison ! – loin devant Jair Bolsonaro, le député d’extrême droite carioca. Selon M. Stédile, M. Lula représente en effet, aux yeux de la population paupérisée, le symbole d’une possible rupture avec l’agenda ultralibéral de M. Temer. La bourgeoisie veut tuer cette espérance dans l’œuf.

Face à elle, une majorité des mouvements sociaux et syndicaux ont décidé – au-delà de leurs divergences, notamment sur le bilan des trois mandats et demi du Parti des travailleurs (PT) à la tête du pays – de mettre sur pied une résistance large, unitaire et permanente.

Unité dans la lutte. Cette unité s’est matérialisée lorsque des milliers de militants sans-toit, sans-terre, syndicaux et de gauche se sont retrouvés à São Bernardo dos Campos pour faire rempart entre l’ex-président et la Police fédérale. Elle s’est poursuivie, cette semaine, par de multiples occupations et mobilisations (dont celle, à São Paulo, du fameux triplex qui aurait été accordé à Lula par une grande entreprise de construction) exigeant sa libération et la fin des contre-réformes du gouvernement Temer.

Comme le note André Singer, « l’évolution des événements pourrait transformer la condamnation de Lula en enjeu principal de l’élection elle-même. Il dépendra donc de la capacité des dirigeants forgés dans ce cycle politique de reconstruire le pôle politique qui représente les pauvres. »

Dans un pays saigné par le néolibéralisme, l’enjeu est de taille.

Guy Zurkinden, journaliste, ex- cooperacteurs E-CHANGER au Brésil, 20 avril 2018.

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